Diagnostic plomb (CREP) : tout comprendre avant de vendre ou louer un logement

Table des matières

Le diagnostic plomb, officiellement appelé Constat de Risque d’Exposition au Plomb (CREP), fait partie des diagnostics immobiliers pouvant être obligatoires lors de la vente ou de la location d’un logement.

Contrairement à une idée assez répandue, le diagnostiqueur ne recherche pas simplement « s’il y a du plomb dans la maison ».

Le CREP consiste principalement à rechercher et mesurer la concentration en plomb dans les revêtements du bâtiment, puis à déterminer leur état de conservation.

Cette distinction est fondamentale : la présence de plomb ne signifie pas automatiquement qu’un logement est dangereux.

Un ancien revêtement contenant du plomb mais parfaitement conservé ne présente pas la même situation qu’une peinture contenant du plomb qui s’écaille, se dégrade ou produit des poussières.

Dans ce guide, DINOCO vous explique précisément comment fonctionne le diagnostic plomb, pourquoi il existe, comment le diagnostiqueur réalise ses mesures et comment interpréter les résultats d’un CREP.

Qu’est-ce que le CREP ?

CREP signifie :

Constat de Risque d’Exposition au Plomb.

Son objectif est notamment d’identifier les revêtements contenant du plomb, d’évaluer leur état de conservation et de repérer certaines situations pouvant présenter un risque de saturnisme ou révéler une dégradation importante du bâtiment.

Le CREP permet ainsi d’informer le propriétaire et les occupants sur la présence éventuelle de revêtements contenant du plomb.

Il ne s’agit donc pas simplement d’obtenir une réponse « plomb : oui/non ».

Le diagnostiqueur va notamment déterminer :

  • quelles unités de diagnostic contiennent du plomb ;
  • leur concentration en plomb ;
  • l’état de conservation des revêtements concernés ;
  • l’existence éventuelle de facteurs de dégradation du bâti ;
  • l’existence éventuelle de situations nécessitant un signalement.

Le CREP peut également fournir des informations particulièrement importantes avant certains travaux susceptibles d’altérer les revêtements.

Pourquoi trouve-t-on du plomb dans les logements anciens ?

Pendant longtemps, certains composés du plomb ont été utilisés dans les peintures.

Ces peintures pouvaient notamment présenter d’intéressantes caractéristiques de résistance et de durabilité.

Le problème est que le plomb est toxique pour l’organisme.

On retrouve donc encore aujourd’hui des revêtements contenant du plomb dans certains bâtiments anciens, parfois sous plusieurs couches de peintures plus récentes.

C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles une simple observation visuelle ne permet pas de conclure à l’absence de plomb.

Un mur qui paraît parfaitement moderne peut avoir été repeint plusieurs fois et conserver, sous ses couches récentes, une ancienne peinture contenant du plomb.

Quels logements sont concernés par le diagnostic plomb ?

Pour la vente ou la location, le CREP concerne les logements construits avant le 1er janvier 1949.

Il peut donc concerner aussi bien :

  • une maison individuelle ;
  • un appartement ;
  • certaines parties privatives d’un immeuble collectif ;
  • certaines parties communes d’immeubles collectifs.

Pour un logement construit après cette date, le CREP n’est normalement pas exigé dans le dossier de diagnostic technique au titre des obligations classiques de vente ou de location.

La date de construction constitue donc le premier élément à vérifier.

Pourquoi la date du 1er janvier 1949 ?

La réglementation utilise cette date pour déterminer les logements soumis à l’obligation de CREP lors d’une vente ou d’une location.

Cela ne signifie toutefois pas qu’un matériau datant de 1950 serait physiquement incapable de contenir du plomb.

Il faut distinguer :

le champ d’application réglementaire du CREP

et

la présence physique éventuelle de plomb dans un matériau.

Le seuil du 1er janvier 1949 détermine l’obligation réglementaire du CREP dans le cadre de la vente et de la location des logements.

Où le diagnostiqueur recherche-t-il le plomb ?

C’est une autre confusion fréquente.

Le diagnostiqueur ne se contente pas de tester quelques murs.

Le protocole consiste à examiner les différents éléments susceptibles de comporter un revêtement.

Cela peut notamment concerner :

  • les murs ;
  • les cloisons ;
  • les plafonds ;
  • les portes ;
  • les huisseries ;
  • les fenêtres ;
  • les plinthes ;
  • certains éléments en bois ;
  • certains éléments métalliques peints ;
  • les volets ;
  • différents revêtements extérieurs appartenant au périmètre contrôlé.

Le CREP peut donc nécessiter un nombre important de mesures, particulièrement dans une grande maison ancienne comprenant de nombreuses pièces, portes, fenêtres et éléments peints.

Qu’est-ce qu’une « unité de diagnostic » ?

Pour comprendre un rapport CREP, il faut comprendre cette notion.

Le bâtiment est décomposé en différentes unités de diagnostic.

Une unité de diagnostic correspond, dans le cadre du protocole réglementaire, à un ou plusieurs éléments de construction présentant a priori un même substrat et un même historique en matière de construction et de revêtement.

Un même mur ne doit donc pas nécessairement être considéré comme identique à tous les autres murs du logement.

Le diagnostiqueur analyse le bâtiment méthodiquement et organise ses mesures en fonction des différents éléments rencontrés.

C’est ce qui explique pourquoi un CREP sérieux peut comporter plusieurs dizaines, voire beaucoup plus, de mesures.

Comment mesure-t-on le plomb ?

C’est probablement l’une des parties les plus intéressantes du diagnostic.

La concentration en plomb des revêtements est principalement mesurée avec un appareil portable à fluorescence X répondant aux exigences réglementaires.

L’appareil est positionné contre le revêtement à analyser.

Il permet d’obtenir une mesure de la concentration en plomb exprimée notamment en :

mg/cm²

c’est-à-dire en milligrammes de plomb par centimètre carré.

Cette méthode présente un avantage majeur : elle permet d’analyser le revêtement sans devoir systématiquement le détruire.

Elle peut également permettre de détecter du plomb présent dans des couches anciennes situées sous des peintures plus récentes.

Pourquoi ne suffit-il pas de regarder la peinture ?

Parce que le plomb peut être totalement invisible.

Prenons un exemple.

Un appartement construit en 1935 possède des murs qui ont été repeints en 2022.

Visuellement, les murs semblent récents.

Pourtant, sous la peinture actuelle peuvent subsister plusieurs anciennes couches de peinture.

L’une d’entre elles peut contenir du plomb.

L’appareil à fluorescence X permet justement d’effectuer une mesure sans se limiter à l’aspect superficiel du revêtement.

Une peinture blanche parfaitement propre et récente n’est donc pas une preuve de l’absence de plomb.

Quel est le seuil réglementaire du CREP ?

Le seuil réglementaire à retenir est :

1 mg/cm².

Lorsqu’une unité de diagnostic présente une concentration en plomb supérieure ou égale au seuil réglementaire, elle est considérée comme positive dans le cadre du classement prévu par le CREP.

Mais ce résultat ne suffit pas à lui seul.

Le diagnostiqueur doit également observer l’état de conservation du revêtement.

C’est ici que le diagnostic prend tout son sens.

Présence de plomb ne veut pas forcément dire danger immédiat

C’est probablement le point le plus important à expliquer aux propriétaires.

Imaginez deux murs contenant tous les deux une ancienne peinture au plomb.

Mur n°1

La peinture au plomb se trouve sous plusieurs couches récentes.

Le mur est parfaitement propre.

Aucune écaille.

Aucune poussière.

Aucune dégradation visible.

Mur n°2

La peinture est fortement dégradée.

Elle s’écaille.

Des morceaux tombent.

Des poussières peuvent être produites.

Dans les deux situations, du plomb peut être présent.

Mais le risque d’exposition n’est évidemment pas comparable.

C’est pourquoi le CREP ne se contente pas de rechercher la présence de plomb : il prend également en compte l’état de conservation du revêtement.

Les classes 0, 1, 2 et 3 du diagnostic plomb

Les unités de diagnostic sont classées selon leur concentration en plomb et, lorsqu’elles contiennent du plomb au-dessus du seuil, selon leur état de conservation.

Classe 0

La concentration en plomb est inférieure au seuil réglementaire.

L’unité de diagnostic n’est donc pas considérée comme contenant du plomb au-dessus du seuil utilisé par le CREP.

Classe 1

La concentration est supérieure ou égale au seuil réglementaire, mais le revêtement est considéré comme non dégradé ou non visible selon le classement réglementaire applicable.

Il y a donc présence de plomb, mais pas nécessairement exposition immédiate.

Classe 2

La concentration est supérieure ou égale au seuil et le revêtement présente un état d’usage.

Une surveillance de son évolution est importante.

Classe 3

La concentration est supérieure ou égale au seuil réglementaire et le revêtement est dégradé.

C’est cette situation qui nécessite une attention particulière, car la dégradation peut favoriser la production d’écailles ou de poussières contenant du plomb.

Pourquoi le plomb est-il dangereux ?

Le plomb est un métal toxique.

L’exposition peut notamment se produire par ingestion ou par inhalation de poussières contenant du plomb.

Le risque est particulièrement préoccupant pour :

  • les jeunes enfants ;
  • les femmes enceintes.

Chez l’enfant, l’ingestion de poussières ou d’écailles de peinture contenant du plomb constitue une problématique sanitaire particulièrement importante.

L’intoxication au plomb est appelée saturnisme.

C’est précisément pour réduire ce risque que la réglementation impose la recherche du plomb dans certains logements anciens.

Le plomb dans un mur intact est-il dangereux ?

Il faut éviter deux erreurs opposées.

La première serait de dire :

« Il y a du plomb, le logement est dangereux. »

La seconde serait de dire :

« La peinture est intacte, donc le plomb ne présente aucun problème. »

La réalité est plus nuancée.

Un revêtement contenant du plomb mais en bon état présente généralement un risque d’exposition bien différent d’un revêtement dégradé.

Mais il faut éviter de détériorer ce revêtement.

Des travaux futurs peuvent en effet modifier totalement la situation.

Poncer, gratter, percer ou démolir un revêtement contenant du plomb peut produire des poussières et exposer les personnes présentes.

La connaissance de la présence du plomb reste donc importante, même lorsque le revêtement est actuellement en bon état.

Attention aux travaux dans les logements contenant du plomb

C’est un point extrêmement important.

Une ancienne peinture contenant du plomb peut rester confinée pendant des années sous d’autres revêtements.

Mais des travaux peuvent la remettre en circulation.

Par exemple :

  • ponçage ;
  • décapage ;
  • grattage ;
  • démolition ;
  • perçage ;
  • retrait de revêtements ;
  • rénovation importante.

Ces opérations peuvent produire des poussières contenant du plomb.

Il est donc essentiel que les entreprises intervenant sur des revêtements concernés disposent des informations nécessaires et mettent en œuvre des mesures de prévention adaptées.

Combien de temps un diagnostic plomb est-il valable ?

La durée de validité dépend du résultat du CREP.

Aucun plomb au-dessus du seuil réglementaire

Lorsque le CREP conclut à l’absence de revêtements contenant du plomb à une concentration atteignant le seuil réglementaire, sa durée de validité est illimitée dans les conditions prévues par la réglementation.

C’est un avantage important.

Un propriétaire disposant déjà d’un CREP négatif peut donc, sous réserve que le document corresponde toujours au bien et au périmètre concerné, ne pas avoir à refaire systématiquement ce diagnostic à chaque nouvelle transaction.

Présence de plomb au-dessus du seuil – vente

Lorsque du plomb est identifié au-dessus du seuil réglementaire, le CREP présenté lors de la vente doit dater de moins d’un an.

Présence de plomb au-dessus du seuil – location

Dans le cadre d’une location, lorsqu’il existe du plomb au-dessus du seuil réglementaire, le CREP doit dater de moins de six ans au moment de la signature du bail.

En résumé :

CREP négatif : validité illimitée

CREP positif pour une vente : moins de 1 an

CREP positif pour une location : moins de 6 ans

Le diagnostic plomb est-il obligatoire pour vendre ?

Oui, lorsqu’un logement concerné par la réglementation a été construit avant le 1er janvier 1949.

Le CREP fait alors partie des documents devant être intégrés au dossier de diagnostic technique remis dans le cadre de la transaction.

Pour un appartement situé dans un immeuble collectif, le CREP réalisé pour la vente du lot porte sur les parties privatives concernées par la transaction.

Le diagnostic plomb est-il obligatoire pour louer ?

Oui.

Pour un logement construit avant le 1er janvier 1949, le bailleur doit fournir le CREP au futur locataire dans le cadre du dossier de diagnostic technique.

La règle concerne aussi bien les maisons que les appartements soumis à cette obligation.

Et dans une copropriété ?

Il faut distinguer :

les parties privatives

et

les parties communes.

Lors de la vente d’un appartement, le CREP relatif au logement concerne les parties privatives.

Les parties communes des immeubles collectifs d’habitation construits avant le 1er janvier 1949 sont également concernées par des obligations spécifiques relatives au plomb.

Le syndic peut notamment disposer du CREP relatif aux parties communes.

Que se passe-t-il si le diagnostiqueur trouve du plomb ?

Trouver du plomb ne signifie pas que la vente est interdite.

Cela ne signifie pas non plus automatiquement que le logement est inhabitable.

Le résultat doit être interprété selon :

  • la concentration mesurée ;
  • l’état de conservation ;
  • la proportion de revêtements concernés ;
  • la présence éventuelle de dégradations ;
  • les éventuels facteurs de dégradation du bâti.

C’est pourquoi lire uniquement le mot « plomb » dans un rapport n’est pas suffisant.

Il faut comprendre où il se trouve et dans quel état se trouve le revêtement concerné.

Que doit faire le propriétaire en présence de revêtements dégradés contenant du plomb ?

Lorsque le CREP met en évidence des revêtements dégradés contenant du plomb à une concentration dépassant le seuil réglementaire, le propriétaire est soumis à des obligations.

L’objectif est de supprimer le risque d’exposition au plomb tout en garantissant la sécurité des occupants.

Selon les situations, les travaux peuvent notamment consister à traiter ou recouvrir durablement les surfaces concernées.

L’objectif n’est donc pas forcément de démolir entièrement les éléments contenant du plomb.

La stratégie doit surtout empêcher l’accessibilité au plomb et la production de poussières ou d’écailles dangereuses.

Peut-on simplement repeindre par-dessus une peinture au plomb ?

Dans certaines situations, le recouvrement peut participer à la suppression de l’accessibilité au plomb.

Mais il ne faut pas réduire la problématique à :

« Il suffit de passer une couche de peinture. »

Le traitement doit être adapté à l’état du support et assurer un recouvrement durable.

Une peinture appliquée sur un support qui continue à se dégrader peut elle-même se fissurer ou s’écailler.

L’état du support doit donc être pris en compte.

Le diagnostiqueur fait-il des trous dans les murs ?

La mesure par fluorescence X est justement intéressante parce qu’elle est non destructive dans son principe.

L’appareil est placé directement contre la surface à analyser.

Cependant, le protocole réglementaire prévoit également certaines situations dans lesquelles des prélèvements de revêtement peuvent être réalisés et analysés.

Il ne faut donc pas présenter le CREP comme un diagnostic exclusivement visuel ou comme une simple série de prélèvements.

La fluorescence X constitue la méthode de mesure de référence sur place.

Pourquoi le diagnostiqueur fait-il plusieurs mesures sur un même élément ?

Parce que la réglementation prévoit un protocole précis permettant d’obtenir un résultat représentatif et fiable.

Si une première mesure ne permet pas d’établir la présence de plomb au-dessus du seuil sur une unité de diagnostic, d’autres mesures peuvent être nécessaires selon les règles du protocole.

Le diagnostiqueur ne choisit donc pas arbitrairement de réaliser 10, 50 ou 100 mesures.

Le nombre dépend notamment :

  • du nombre de pièces ;
  • de la configuration du logement ;
  • du nombre d’unités de diagnostic ;
  • de la diversité des revêtements ;
  • des résultats obtenus pendant les investigations.

C’est pourquoi un CREP peut prendre davantage de temps dans une grande maison ancienne que dans un petit appartement.

Pourquoi trouve-t-on parfois du plomb uniquement sur les portes et fenêtres ?

Parce que les anciennes peintures au plomb ont pu être utilisées sur différents supports, notamment certaines menuiseries et certains éléments nécessitant des peintures résistantes.

Il est donc tout à fait possible d’obtenir un CREP dans lequel :

  • les murs sont négatifs ;
  • les plafonds sont négatifs ;
  • certaines portes sont positives ;
  • certains encadrements de fenêtres sont positifs ;
  • certains volets sont positifs.

La présence de plomb peut être très localisée.

Une peinture récente peut-elle cacher du plomb ?

Oui.

C’est même une situation classique dans les bâtiments anciens.

On peut avoir successivement :

ancienne peinture contenant du plomb
↓
plusieurs couches de peintures anciennes
↓
enduit ou préparation
↓
peinture récente

Visuellement, rien ne permet nécessairement de voir la couche ancienne.

C’est l’une des raisons pour lesquelles l’appareil à fluorescence X est essentiel.

CREP et amiante : quelle différence ?

Les deux diagnostics concernent fréquemment des bâtiments anciens, mais ils ne recherchent absolument pas la même chose.

Le CREP recherche principalement le plomb dans les revêtements et évalue leur état de conservation.

Le diagnostic amiante recherche des matériaux et produits susceptibles de contenir de l’amiante selon le périmètre réglementaire correspondant à la mission.

Les dates réglementaires sont également différentes.

Pour le CREP vente/location :

construction avant le 1er janvier 1949.

Pour les obligations classiques liées au repérage amiante avant vente :

permis de construire délivré avant le 1er juillet 1997.

Un logement ancien peut donc être concerné par les deux diagnostics.

CREP et DPE : deux diagnostics totalement différents

Le DPE analyse principalement la performance énergétique du logement.

Le CREP concerne un risque sanitaire lié à la présence de plomb dans certains revêtements.

Un logement peut donc avoir :

  • un excellent DPE et contenir du plomb ;
  • un mauvais DPE et ne présenter aucun revêtement contenant du plomb au-dessus du seuil.

Les deux diagnostics n’ont pas le même objectif.

Un CREP positif fait-il perdre de la valeur au logement ?

Il n’existe pas de règle permettant d’affirmer qu’un CREP positif entraîne automatiquement une diminution déterminée du prix d’un logement.

Tout dépend de la situation.

La présence de quelques revêtements contenant du plomb mais en bon état n’a évidemment pas les mêmes implications qu’un logement comportant de nombreuses surfaces fortement dégradées.

Pour apprécier la situation, il faut donc regarder le rapport dans son ensemble et non simplement constater que le diagnostic est « positif ».

Peut-on vendre une maison contenant du plomb ?

Oui.

La présence de plomb n’interdit pas automatiquement la vente du logement.

Le rôle du diagnostic est notamment d’informer l’acquéreur sur la situation.

En revanche, lorsque des revêtements dégradés contenant du plomb au-dessus du seuil sont identifiés, des obligations particulières peuvent incomber au propriétaire.

Peut-on louer un logement contenant du plomb ?

La simple présence de plomb ne signifie pas automatiquement qu’un logement ne peut pas être loué.

En revanche, la présence de revêtements dégradés contenant du plomb est une problématique sanitaire qui doit être traitée conformément aux obligations applicables au propriétaire.

L’état de conservation est donc, une nouvelle fois, essentiel.

Pourquoi le CREP est particulièrement important lorsqu’il y a des enfants ?

Les jeunes enfants constituent une population particulièrement vulnérable au plomb.

Les peintures anciennes dégradées peuvent produire des poussières ou des écailles.

Un jeune enfant peut notamment être exposé par ingestion de poussières contaminées ou par contact avec des surfaces dégradées.

C’est l’une des raisons principales de l’existence du dispositif réglementaire de lutte contre le saturnisme.

Quels sont les facteurs de dégradation du bâti recherchés ?

Le CREP ne s’intéresse pas uniquement à la mesure du plomb.

Le diagnostiqueur doit également repérer certaines situations de dégradation du bâti prévues par la réglementation.

Cela permet notamment d’identifier des situations pouvant nécessiter un signalement aux autorités compétentes.

Cette partie du CREP rappelle qu’il ne s’agit pas simplement d’un « test de peinture ».

Le diagnostiqueur observe également l’environnement général dans lequel se trouvent les revêtements.

Le diagnostiqueur peut-il être obligé d’effectuer un signalement ?

Oui.

Le protocole réglementaire prévoit des situations dans lesquelles l’opérateur doit signaler à l’autorité sanitaire compétente certaines situations présentant notamment un risque de saturnisme infantile ou certaines dégradations importantes du bâti.

Le CREP joue donc également un rôle de prévention sanitaire.

Qui peut réaliser un CREP ?

Le CREP doit être réalisé par un diagnostiqueur immobilier disposant de la certification requise et respectant les conditions réglementaires applicables.

L’utilisation d’un appareil de mesure du plomb par fluorescence X est elle-même encadrée.

Il ne suffit donc pas d’acheter un détecteur de métaux ou un test disponible dans le commerce pour établir un CREP réglementaire.

Les appareils utilisés pour le diagnostic plomb évoluent

Le CREP fait actuellement l’objet d’une évolution réglementaire concernant les performances des appareils portables à fluorescence X.

Un arrêté publié le 3 août 2026 a introduit de nouveaux critères de performance applicables à ces appareils.

Les appareils utilisés pour mesurer la concentration en plomb devront respecter ces nouvelles exigences au plus tard le 1er avril 2027.

Cette évolution illustre le caractère très encadré de la mesure du plomb dans le cadre réglementaire.

Comment préparer son logement avant un diagnostic plomb ?

Le propriétaire n’a pas besoin de repeindre ou de rénover son logement avant le passage du diagnostiqueur.

Au contraire, il est important que les surfaces soient accessibles.

Quelques précautions facilitent néanmoins la mission :

  • permettre l’accès à toutes les pièces ;
  • dégager autant que possible les murs et menuiseries ;
  • permettre l’accès aux volets et éléments extérieurs concernés ;
  • transmettre les informations disponibles sur le bâtiment ;
  • fournir un ancien CREP s’il existe ;
  • signaler les éventuels travaux réalisés depuis le précédent diagnostic.

Le diagnostiqueur pourra ainsi effectuer sa mission dans de meilleures conditions.

Faut-il paniquer si votre diagnostic révèle du plomb ?

Non.

Il faut avant tout comprendre le résultat.

La présence de plomb dans un logement ancien n’est pas exceptionnelle.

Ce qui compte est notamment :

la concentration + l’état du revêtement + son accessibilité + son évolution.

Une ancienne peinture contenant du plomb parfaitement recouverte et en bon état n’est pas interprétée de la même manière qu’une peinture fortement écaillée accessible à un enfant.

Le rapport CREP permet précisément de faire cette distinction.

L’erreur à éviter après réception du rapport

Ne regardez pas uniquement :

« Présence de plomb : OUI »

Regardez surtout :

  • quelles surfaces sont concernées ;
  • quelles concentrations ont été relevées ;
  • leur classement ;
  • leur état de conservation ;
  • la présence éventuelle de classe 3 ;
  • les recommandations et obligations indiquées dans le rapport.

C’est exactement comme pour les autres diagnostics immobiliers : un rapport doit être interprété, pas simplement survolé.

Exemple concret

Prenons une maison construite en 1930.

Le diagnostiqueur réalise ses investigations et détecte du plomb sur plusieurs anciennes portes.

Les murs et plafonds ne présentent pas de concentration au-dessus du seuil.

Les portes sont en bon état et ont été repeintes.

Le rapport indique donc la présence de plomb sur certaines unités de diagnostic.

Cela ne signifie pas :

« Cette maison est dangereuse. »

Cela signifie que certaines anciennes peintures contiennent du plomb et qu’il faut notamment veiller à leur conservation et prendre les précautions nécessaires si des travaux doivent être réalisés dessus.

Si, plusieurs années plus tard, ces peintures commencent à s’écailler, la situation peut évoluer.

C’est pourquoi l’information fournie par le CREP est importante sur le long terme.

À retenir sur le diagnostic plomb

Le diagnostic plomb s’appelle officiellement Constat de Risque d’Exposition au Plomb (CREP).

Il concerne notamment les logements construits avant le 1er janvier 1949 lors d’une vente ou d’une location.

Le diagnostiqueur recherche le plomb principalement dans les revêtements.

La mesure est effectuée principalement avec un appareil portable à fluorescence X.

Le seuil réglementaire est de 1 mg/cm².

Mais la concentration ne suffit pas : l’état de conservation du revêtement est essentiel.

Un revêtement contenant du plomb en bon état n’est pas assimilable à un revêtement contenant du plomb fortement dégradé.

En cas d’absence de plomb au-dessus du seuil réglementaire, le CREP bénéficie d’une validité illimitée.

Lorsqu’il est positif au-dessus du seuil, sa validité est de :

1 an pour une vente

et

6 ans pour une location.

Enfin, la présence de plomb ne signifie pas automatiquement qu’un logement est dangereux ou qu’il ne peut pas être vendu.

Le CREP est avant tout un outil d’information, de prévention et de protection des occupants.

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DINOCO réalise vos diagnostics immobiliers et vous accompagne dans la compréhension de vos rapports.

Au-delà de la simple remise d’un document réglementaire, notre objectif est de vous expliquer clairement les éventuelles anomalies ou présences détectées afin que vous puissiez comprendre réellement l’état du logement.

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